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Facebook toujours boudé par les maires de France
01 Août 2011

Catégories : Inside

Pas de doute: la France est toujours à la traine dans son utilisation des réseaux sociaux. Ce constat est particulièrement marqué parmi les maires de France, toujours très réticents à l’utilisation de Facebook ou de Twitter pour leur commune. Pourtant en France, Facebook a conquis plus de 20 millions d’utilisateurs et 3.3 millions d’utilisateurs pour Twitter. Alors, pourquoi si peu d’engouement pour les réseaux sociaux ?

Constat

D’après Hubert Sénant seulement 31% des villes françaises possèdent une page fan officielle sur Facebook et 27% un compte officiel Twitter. Il faut dire que par manque de connaissance des réseaux sociaux, beaucoup de villes françaises ont débuté leur expérimentation de Facebook avec une grosse erreur : celle de créer un compte utilisateur au lieu d’une page fan. Ce statut de compte limite en effet le nombre d’amis, alors que le nombre de fans sur une page est illimité. Par conséquent, de nombreux comptes officiels se sont fait très vite dépasser par des pages non-officielles ayant exploité au maximum le potentiel viral de Facebook. Notons à ce propos que Facebook permet maintenant pour toutes les communes ayant fait cette erreur de convertir leur compte utilisateur en page fan : http://www.facebook.com/pages/create.php?migrate

Étrangement, ce ne sont pas forcément les plus grandes villes en terme de population qui sont les mieux représentées sur Facebook mais plutôt les villes de taille moyenne et à tendance étudiante. D’après le classement d’Hubert Sénant à propos des pages officielles Facebook, Paris reste tout de même en tête (790 000 fans) suivie par Besançon (21 000 fans), Rennes (19 000 fans) et Lyon (7 000 fans).

Le label Ville Internet 2011

Le portail Villes Internet présente les initiatives numériques des mairies de France : création de page fan, lancement d’application mobile, site internet et toute autre forme d’initiative des communes dans le numérique… L’association  a même créé un label depuis 1999, appelé « Ville Internet ». Il vise à récompenser les communes de France les plus innovantes dans leur politique TIC. Le barème établi de 1 à 5 arobases souligne le niveau d’implication numérique des communes. Étrangement dans le classement de l’excellence numérique française, on y trouve peu de grandes villes françaises…

 

Surfer sur le sentiment d’appartenance d’un habitant à sa commune

Tee-shirt de la campagne de Brive

Pourtant, malgré ce constat, il est difficile de ne pas croire au potentiel d’une page fan pour une ville ou un village de France. Un facteur de réussite certain : le sentiment fort d’appartenance d’un utilisateur à sa commune et sa propension à « liker » la ville ou le village dans lequel il vit. L’office de tourisme de Brive a d’ailleurs beaucoup joué sur ce sentiment dans sa campagne « 100% gaillard » et « I love BG », qui a connu un buzz rapide et important. En 24h, la page comptait plus de 300 fans puis 1640 fans au bout d’un mois. Un record plutôt inattendu pour une commune de 50 000 habitants ! Ces actions auront ainsi permis à Brive-la-Gaillarde de construire rapidement sa communauté et de développer son image de marque en France et à l’international.

Une page fan pour une commune : quels usages ?

Le lieu idéal de l’interaction entre le maire et ses administrés

La commune de Saint-Quentin-en-Yvelines est un bon exemple. Sur sa page, elle interagit régulièrement avec ses administrés, en répondant à leurs questions à propos de l’actualité de la ville. C’est aussi l’avis de la ville de Toulouse. Comme le constate Aurore Beugniez qui est la community manager officielle de la ville, « les médias sociaux ouvrent une nouvelle fenêtre de dialogue entre la collectivité et les citoyens ». Elle affirme d’ailleurs répondre à au moins trois sollicitations quotidiennes d’utilisateurs, particulièrement friands de la réactivité de ce service.

Vers la démocratie 2.0?

Facebook permet aussi aux élus de donner de l’information locale en mettant en avant les actualités et les grands projets de la commune et en les diffusant auprès de leurs administrés. C’est le cas de la page de la commune de Saint-Quentin-en-Yvelines, qui offre également via sa page un agenda culturel, mettant en avant les manifestations et activités de la commune. Facebook permet également d’engager la conversation pour faire participer les habitants dans les grands débats et les projets de la commune. En définitive : mettre en avant les contributions des habitants et les engager dans une approche participative de la politique de la commune.

Exister

Communiquer sur Facebook, c’est aussi à la fois exister auprès de ses habitants et promouvoir la ville au niveau régional, national voire même international. C’est dans cette optique qu’ Only Lyon a développé sa communauté sur Facebook. Avec plus de 7 000 fans, elle est devenue une vitrine de l’actualité de Lyon pour ses habitants et pour d’éventuels touristes, futurs résidents et investisseurs potentiels.

Rapprocher les habitants

Enfin, oser Facebook pour une ville ou un village c’est aussi tenter de créer une communauté au sein de la commune et de rapprocher les habitants sur les réseaux sociaux. Comme le confie Aurore Beugniez, Facebook permet aussi de rapprocher les acteurs de la ville et de s’appuyer sur leur présence sur les réseaux sociaux pour mieux promouvoir ses propres publications.

La commune sur Facebook ? Un outil unique et des usages multiples. Mais avant tout, il convient de s’interroger sur la stratégie à adopter: quels objectifs de communication pour ma commune ? Pour quelle cible ? Ce bon article de Forum des Communes résume d’ailleurs les bonnes questions à se poser avant de se lancer dans une stratégie de communication pour une commune. Dommage que l’auteur ait oublié les réseaux sociaux comme outil de promotion…

 

Commentaires Leave a comment

JB Armand
2 août 2011 @ 12 h 50 min

Pas tout a fait d’accord avec le fait qu’un compte utilisateur soit moins bien pensé qu’une page Fan. En tant que Responsable du Pôle Communication d’une ville de 3000 habitants, nous avons préconisé ce choix car cela nous permet de faire des demandes de contacts (demande « d’ami ») auprès de nos administrés, alors que ceux-ci n’auront pas forcément le réflexe d’être « fan » d’une page « fan » si nous en avions créé une.

Nous devons parfois aller chercher nos administrés pour leur fournir un service, mais une fois qu’ils le découvre ils sont tout de suite dans un effet « participatif » à travers leurs réactions, interrogations,…

Il est vrai que pour une petite ville, ce problème se pose moins que pour une ville importante qui se verra en effet coincée dans ses demandes d' »amis ».

anne
2 août 2011 @ 12 h 55 min

Tout à fait d’accord. Le problème se pose moins pour une petite ville, même s’il faut faire la distinction entre les fans (habitants) et les fans (visiteurs). De plus, depuis peu les comptes « utilisateur » peuvent aussi avoir leur URL simplifiée. De quelle commune faites-vous partie?

Facebook toujours boudé par les maires de France | Le blog de communes.com | E-government | Scoop.it
12 août 2011 @ 12 h 57 min

[…] Facebook toujours boudé par les maires de France | Le blog de communes.com Pas de doute: la France est toujours à la traine dans son utilisation des réseaux sociaux. Source: blogfr.communes.com […]

cesare
11 février 2015 @ 12 h 22 min

merci, pour cette article,
Quel est selon vous la meilleure catégorie sur Facebook pour une commune/village/petite ville ?
Merci d’avance.
Cesare